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Première question
un peu basique mais…
qu’est-ce que la domotique ?
Non, ce n’est pas une question basique,
c’est même le coeur de la question : de
quoi parlons-nous quand nous parlons
domotique ? Il faut savoir que la
définition de ce mot s’est arrêtée il y
a 25 ans maintenant. A l’époque,
quand on parlait domotique, on
évoquait l’utilisation de la technologie
pour mettre en relation, piloter
et commander des équipements de
la maison. Aujourd’hui la domotique
couvre un sens plus large : elle
englobe notamment le réseau multimédia
– la télé, Internet, le téléphone
– et l’efficacité énergétique.
Pourquoi la domotique est si peu
développée aujourd’hui ?
J’imagine que c’est par résistance
au changement. Je prends souvent
l’exemple de la voiture : croyez-vous
qu’aujourd’hui on achèterait une
voiture équipée comme dans les
années 60 ? Non. Pourtant, pour nos
maisons, c’est le cas : nous vivons
dans les mêmes habitats depuis des
décennies. Nos sociétés ont changé,
nous avons des ados connectés, des
personnes dépendantes ou âgées,
des salariés qui ont choisi le télétravail…
mais aujourd’hui 90% des
maisons sont construites quasiment
comme il y a 30 ans.
Les maisons pourraient être aussi
intelligentes que nos voitures ?
Bien sûr. Pourquoi n’avons-nous pas
adapté un tableau de bord global par
exemple ? Pourquoi ne pas avoir
déployé un minimum de technologie
au service de nos maisons ? Vous
pourrez m’objecter que dans le cas de
l’automobile, le constructeur est
identifié, il conçoit, construit et
impose son produit. Dans le cas d’une
maison, un ensemble d’entreprises
différentes intervient sans forcément
travailler ensemble. Aujourd’hui il
existe une offre et une demande mais
il manque encore la charnière, des
spécialistes qui pourraient faire le lien
avec l’architecte, les artisans et l’utilisateur
final.
Des spécialistes domotiques ?
Pourquoi pas ! Je crois en l’émergence
de nouveaux métiers… nous-mêmes
avons créé DomoConsulting, un réseau
de consultants indépendants. On
constate que les bureaux d’études
s’adaptent petit à petit au changement.
L’idéal serait de faire comprendre
que la domotique peut devenir la
colonne vertébrale de la maison si l’on
conçoit un système global qui rend
tous les équipements interopérables.
Un exemple : je pars de chez moi et
j’oublie d’éteindre la lumière, de mettre
l’alarme ou de fermer un store… avec
un système global, je pourrais d’un seul geste déclencher une série d’actions
préprogrammées. La domotique doit
se voir comme une opportunité de
nous simplifier la vie.
Qu’est-ce qui pourrait accélérer le
développement de la domotique ?
Le souci de l’efficacité énergétique.
Aujourd’hui nous construisons nos
maisons pour qu’elles soient plus
économes en énergie. Quoi de mieux
que la domotique pour nous informer
sur sa réelle consommation ? Nous
pouvons également imaginer de
nombreux systèmes pour maîtriser
l’énergie : la ventilation en double flux,
des stores intelligents, des tableaux de
bord qui indiquent les dysfonctionnements,
les consommations anormales
ou les filtres de ventilation à changer
par exemple… Cette prise de conscience
est pour la domotique un extraordinaire
cheval de Troie.
A lire :
François-Xavier Jeuland, La maison communicante,
éditions Eyrolle
A voir :
Télécharger la vidéo : "La domotique, un marché à saisir !"
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