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La parole à > Le commissaire aux comptes sert l’intérêt collectif de l’entreprise
     

Arnaud Villedieu
et Lionel Malvault

  Le commissaire aux comptes sert l’intérêt collectif de l’entreprise
Rencontre
   
 

C’est un métier mal connu voire mal perçu... pourtant, le commissaire aux comptes est une pièce maîtresse dans la vie de l’entreprise, à l’instar des experts comptables et des banquiers. Pour mieux mesurer la pertinence de leur rôle, nous avons rencontré Arnaud Villedieu et Lionel Malvault, respectivement président et membre de la Compagnie Régionale des Commissaires aux Comptes.

 
 
 

   

Arnaud Villedieu débute la conversation par un constat : « C’est vrai, on ne s’en cache pas, notre métier est non seulement peu connu mais il est aussi mal perçu : pour les entreprises qui n’ont jamais eu de commissaire aux comptes, au mieux nous sommes considérés comme un surcoût, au pire uniquement comme des censeurs. Pourtant, poursuit Lionel Malvault, les entreprises qui ont un commissaire aux comptes savent en quoi notre présence peut être bénéfique. » Aujourd’hui, les commissaires aux comptes ont décidé de s’attaquer à ce déficit de notoriété et de remettre les pendules à l’heure : « le commissaire aux comptes sert l’intérêt collectif de l’entreprise. »

Arnaud Villedieu préside la Compagnie Régionale des Commissaires aux Comptes qui, calée sur le découpage de la Cour d’appel (la profession dépend du Garde des Sceaux), couvre l’Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher et le Loiret. Lionel Malvault, quant à lui, est membre de la Compagnie Régionale et représente plus particulièrement ce dernier sur la Touraine. Tous deux ont travaillé pour les plus grands cabinets avant de créer leur propre structure. Un parcours fréquent dans la profession qui débute par un bac +5 suivi par trois ans de formation au sein d’un cabinet. Pour exercer la profession, l’inscription sur la liste des commissaires aux comptes est obligatoire. La profession attire les jeunes, et on compte actuellement 19 000 professionnels en nom propre ou en sociétés. Le commissaire aux comptes est nommé pour six ans par les actionnaires ou les associés de la société, et non pas par le dirigeant comme on le croit communément.

L’intervention d’un commissaire aux comptes est requise pour les sociétés anonymes ou pour les autres formes de sociétés et organismes sans but lucratif des lors qu’ils franchissent certains seuils spécifiques à chaque entité. Leurs missions ? Evidemment, certifier les comptes et états financiers mais, audelà, être un révélateur de risques et de dysfonctionnements. Dans le contexte économique actuel, le commissaire aux comptes a la possibilité de mettre en oeuvre la procédure dite d’alerte dont la vocation est de prévenir les risques de défaillances des entreprises. « En effet, nous précise Lionel Malvault, il va de l’intérêt de l’entreprise d’être alertée sur ses dysfonctionnements. L’oubli d’une déclaration fiscale ou d’un devoir envers le personnel, une procédure de facturation défaillante, finiront un jour ou l’autre par poser problème. Aussi, autant les régler. Notre but, là encore, est d’assainir les situations. »

Reste la question : s’il n’y a pas obligation, pourquoi faire appel à un commissaire aux comptes ? Arnaud Villedieu et Lionel Malvault sourient. « Parce que nous sommes, aux côtés de l’expert comptable ou de l’avocat, une source d’informations non négligeable. Si notre profession nous interdit évidemment de nous immiscer dans la gestion de l’entreprise, nous pouvons néanmoins expertiser les procédures et mettre le doigt là où il y a blocage. Nous avons un vrai réflexe d’organisation qui profite à l’entreprise. Nous accompagnons la société et suggérons des améliorations sur la gestion des stocks ou du personnel, ou encore sur la surveillance des transactions financières dans l’entreprise. Notre rôle consiste également à anticiper les problèmes. » Anticipation, accompagnement, sécurité : on aurait effectivement tort de se passer d’une telle ressource, encore plus précieuse en temps de crise.



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