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Portraits >Baugé
     

Nicolas Baugé,
directeur général
de l’imprimerie Baugé
 

Baugé
“Cette tendance à la baisse des volumes, nous nous y adaptons“

 

 
ASJ
 

Quand on ouvre la porte miroitée de l’imprimerie, on est frappé par le silence, alors qu’à quelques mètres de là une centaine de personnes s’affairent autour des rotatives et des machines à façonner. Le contraste surprend, et on retrouve cette même sensation à la rencontre du directeur général Nicolas Baugé : un homme calme et pourtant débordant d’activités.

La famille Baugé est une famille d’imprimeurs : la saga commence avec Georges, l’arrière grand-père de Nicolas, puis continue avec son grand-père Marcel qui vient s’installer à Descartes en 1933. Pourquoi cette ville ? « On ne l’a jamais su. On sait seulement que mon grand-père préférait Chinon mais il avait déjà un copain imprimeur là-bas. » L’atelier était dans la maison familiale et produisait ce qu’on appelle le bilboquet, l’imprimerie de ville. En 1962, Pierre, le père de Nicolas, rejoint l’entreprise et fait rapidement construire un nouveau bâtiment à l’entrée de Descartes.

A cette époque, l’imprimerie est spécialisée dans le calendrier de pompier. « Quand mon grand-père a pris sa retraite, il a parcouru le pays entier pour photographier les pompiers, il adorait ça. » L’imprimerie s’équipe vite, autant qu’elle s’agrandit. Première en France dans les années 70 à utiliser une presse Heidelberg Speedmaster avec quatre couleurs en ligne, l’imprimerie achète en 1981 une rotative et abandonne la feuille pour la bobine. Suivent la deuxième « roto » en 87 puis la troisième en 90, date à laquelle Baugé s’installe dans la zone numéro 2 de Descartes, date aussi qui marque l’entrée de Nicolas dans l’entreprise. Prédestiné ? « Non, pas vraiment. J’ai fait des études comptables et j’exerçais dans un cabinet parisien. Mais le projet d’agrandissement m’intéressait, je savais que je trouverais ma place dans ce projet ».

Nicolas Baugé travaille alors pour son père, encore aujourd’hui car il en est toujours PDG. L’imprimerie réalise des documents publicitaires, de l’impression au façonnage. Elle est réputée pour ses spécialisations façonnées en ligne - le grattage, le gommage, l’incruste parfumée - et compte parmi ses récents travaux des couvertures du Figaro Madame sous forme de triptyque ou un rideau prédécoupé qui dévoile la dernière Polo. Une clientèle parisienne - dont quasiment toutes les banques - et qui suit évidemment la tendance : celle d’imprimer moins.

« Aujourd’hui, les directeurs financiers ont pris le pas sur les directeurs marketing. Cette tendance à la baisse des volumes, nous nous y adaptons. Début 2010 nous reviendrons aux machines feuilles, mieux adaptées au petit volume, et nous allons investir dans le numérique. Nos équipes sont actuellement en cours de formation. » Moins de volume par soucis de coûts mais aussi par respect de l’environnement. L’entreprise n’aura ceci dit pas attendu la tendance pour adopter toutes les normes en matière de protection de la nature : PECF, FSC, bilan carbone, sans parler de l’Iso 14000 et 12947-2 pour la colorimétrie… On vous l’avait dit, sous son calme apparent Nicolas Baugé est un entrepreneur qui bouillonne, et qui avance.

site web : www.baugeimprimeur.com

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