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Dossier d'Opinion > Les entreprises s’engagent pour l’emploi des jeunes (4/5)
     

  Les entreprises s’engagent pour l’emploi des jeunes (4/5)
Le point de vue des organisations professionnelles :
   
 

 
 

 
 

L’enjeu, c’est le renouvellement des générations
Marc Rousseau, secrétaire général de l’UIMM Touraine, Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie

Pourquoi soutenez-vous ce plan pour l’emploi des jeunes ?
L’enjeu pour le secteur de la métallurgie, c’est le renouvellement des générations. Avec les départs à la retraite, on a besoin de recruter en Touraine 500 jeunes par an pendant 5 ans dès à présent. Cela nécessite de les attirer dans nos métiers parce qu’il y a des opportunités d’emploi, en dépit des difficultés actuelles. Pour cela, nous mettons l’accent sur l’apprentissage et le contrat de professionnalisation. Au plan national, il s’agit d’atteindre l’objectif ambitieux de 35 000 jeunes en alternance.

Comment allez-vous développer l’alternance ?
Cette année, 262 jeunes préparent des diplômes du CAP au BTS au CFA de l’Industrie à Amboise, et le partenariat avec Polytech’Tours permet de former 36 ingénieurs en informatique industrielle par apprentissage. On a donc près de 300 apprentis de la métallurgie, environ 10% de plus que l’an dernier, pour 151 partenaires. Jusqu’alors, un salarié s’occupait exclusivement du recrutement, du placement, du suivi de la scolarité. Là, nous avons pris en renfort un apprenti en BTS qui sera aussi chargé de faire connaître nos métiers. Nous créons par ailleurs un poste à temps plein pour promouvoir le contrat de pro. Il n’y en a qu’une cinquantaine actuellement sur le département : l’idéal serait de tripler ce chiffre.

 

Former les jeunes, un devoir et un impératif
Alain Lévesque, président de la Chambre de l’industrie hôtelière d’Indre-et-Loire

Quel est l’intérêt des Mesures Jeunes Actifs pour votre profession ?
Ce plan d’urgence représente une opportunité et nous avons une double motivation à le soutenir. Depuis des années, l’hôtellerie restauration est en effet l’un des rares secteurs qui continue à embaucher mais il a des difficultés à recruter des professionnels formés. Alors tout ce qui peut favoriser l’insertion des jeunes, nous sommes pour ! Autre caractéristique : en Touraine comme au plan national, 80 % de nos entreprises sont des TPE. Or nous sommes aujourd’hui confrontés au vieillissement des patrons. La formation est donc plus qu’un devoir, c’est un impératif vital pour l’avenir.

Parmi les nouvelles aides de l’Etat, lesquelles privilégiez-vous ?
Le contrat d’avenir lié à la baisse de la TVA dans la restauration prévoit de créer 40 000 emplois en France d’ici deux ans, la moitié étant des emplois de formation. Nous avons un gros faible pour l’apprentissage parce qu’à l’issue, le jeune est immédiatement opérationnel. En ce domaine, les aides exceptionnelles de l’Etat ne sont pas négligeables et peuvent nous permettre de développer les contrats. Nous sommes déjà fortement impliqués dans les formations d’apprentis. Au CFA de la ville de Tours par exemple, on se démène pour financer des classes d’immersion à l’étranger, car la maîtrise des langues devient essentielle dans nos métiers.

La rénovation énergétique : un marché à prendre avec les jeunes
Bernard Hibert, président de la Fédération Française du Bâtiment d’Indre-et-Loire

La FFB incite à recruter des apprentis malgré la crise.Pour quelles raisons ?
Nous ne devons pas céder au catastrophisme. Notre leitmotiv, c’est de poursuivre le pari de la jeunesse. Prendre un apprenti, c’est avoir une vision à long terme. A la sortie de la crise, on aura besoin de main-d’oeuvre qualifiée. Autre enjeu important : les nouvelles attentes des consommateurs et le Grenelle de l’environnement nous ouvrent d’immenses perspectives. Le marché national de la rénovation énergétique représente un potentiel entre 12 et 15 milliards d’euros par an, soit une hausse de 10 % du chiffre d’affaires actuel de la profession. Pour l’aborder avec les compétences nécessaires, il faut préparer nos entreprises, nos salariés et donc continuer à accueillir les jeunes.

En quoi le plan national pour l’emploi des jeunes rejoint-il vos préoccupations ?
Nous avons toujours soutenu, voire devancé, les politiques publiques en ce domaine. Le bâtiment a inventé l’apprentissage et reste le premier acteur professionnel de l’alternance en France, de très loin. Dans les années 90, le secteur a agi pour transformer son image auprès des jeunes. Résultat : 30 % des effectifs ont moins de 30 ans aujourd’hui, contre seulement 23 % en 2000. Nous avons aussi revalorisé le statut de l’apprenti… Et nous avons cette année 1000 jeunes en formation initiale sur l’Indre-et-Loire, un nombre jamais atteint jusqu’alors !

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