L’enjeu, c’est le renouvellement des générations
Marc Rousseau, secrétaire général de l’UIMM Touraine,
Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie
Pourquoi soutenez-vous ce plan
pour l’emploi des jeunes ?
L’enjeu pour le secteur de la métallurgie,
c’est le renouvellement des
générations. Avec les départs à la
retraite, on a besoin de recruter en
Touraine 500 jeunes par an pendant 5
ans dès à présent. Cela nécessite de les
attirer dans nos métiers parce qu’il y
a des opportunités d’emploi, en dépit
des difficultés actuelles. Pour cela,
nous mettons l’accent sur l’apprentissage
et le contrat de professionnalisation.
Au plan national, il s’agit
d’atteindre l’objectif ambitieux de
35 000 jeunes en alternance.
Comment allez-vous développer
l’alternance ?
Cette année, 262 jeunes préparent des
diplômes du CAP au BTS au CFA de
l’Industrie à Amboise, et le partenariat
avec Polytech’Tours permet de
former 36 ingénieurs en informatique
industrielle par apprentissage. On a
donc près de 300 apprentis de la
métallurgie, environ 10% de plus que
l’an dernier, pour 151 partenaires.
Jusqu’alors, un salarié s’occupait
exclusivement du recrutement, du
placement, du suivi de la scolarité.
Là, nous avons pris en renfort un
apprenti en BTS qui sera aussi chargé
de faire connaître nos métiers. Nous
créons par ailleurs un poste à temps
plein pour promouvoir le contrat de
pro. Il n’y en a qu’une cinquantaine
actuellement sur le département :
l’idéal serait de tripler ce chiffre. |
Former les jeunes, un devoir et un impératif
Alain Lévesque, président de la Chambre de l’industrie hôtelière d’Indre-et-Loire
Quel est l’intérêt des Mesures Jeunes
Actifs pour votre profession ?
Ce plan d’urgence représente une
opportunité et nous avons une double
motivation à le soutenir. Depuis des
années, l’hôtellerie restauration est
en effet l’un des rares secteurs qui
continue à embaucher mais il a des
difficultés à recruter des professionnels
formés. Alors tout ce qui peut
favoriser l’insertion des jeunes, nous
sommes pour ! Autre caractéristique :
en Touraine comme au plan national,
80 % de nos entreprises sont des TPE.
Or nous sommes aujourd’hui confrontés
au vieillissement des patrons. La formation
est donc plus qu’un devoir, c’est un
impératif vital pour l’avenir.
Parmi les nouvelles aides de l’Etat,
lesquelles privilégiez-vous ?
Le contrat d’avenir lié à la baisse de la
TVA dans la restauration prévoit de
créer 40 000 emplois en France d’ici
deux ans, la moitié étant des emplois
de formation. Nous avons un gros
faible pour l’apprentissage parce qu’à
l’issue, le jeune est immédiatement
opérationnel. En ce domaine, les aides
exceptionnelles de l’Etat ne sont
pas négligeables et peuvent nous
permettre de développer les contrats.
Nous sommes déjà fortement impliqués
dans les formations d’apprentis.
Au CFA de la ville de Tours par
exemple, on se démène pour financer
des classes d’immersion à l’étranger,
car la maîtrise des langues devient
essentielle dans nos métiers. |
La rénovation énergétique :
un marché à prendre avec les jeunes
Bernard Hibert, président de la Fédération Française du Bâtiment d’Indre-et-Loire
La FFB incite à recruter des apprentis
malgré la crise.Pour quelles raisons ?
Nous ne devons pas céder au catastrophisme.
Notre leitmotiv, c’est de
poursuivre le pari de la jeunesse.
Prendre un apprenti, c’est avoir une
vision à long terme. A la sortie de la
crise, on aura besoin de main-d’oeuvre
qualifiée. Autre enjeu important : les
nouvelles attentes des consommateurs
et le Grenelle de l’environnement nous
ouvrent d’immenses perspectives. Le
marché national de la rénovation
énergétique représente un potentiel
entre 12 et 15 milliards d’euros par an,
soit une hausse de 10 % du chiffre
d’affaires actuel de la profession. Pour
l’aborder avec les compétences nécessaires,
il faut préparer nos entreprises,
nos salariés et donc continuer à
accueillir les jeunes.
En quoi le plan national pour l’emploi des
jeunes rejoint-il vos préoccupations ?
Nous avons toujours soutenu, voire
devancé, les politiques publiques en
ce domaine. Le bâtiment a inventé
l’apprentissage et reste le premier
acteur professionnel de l’alternance
en France, de très loin. Dans les années
90, le secteur a agi pour transformer
son image auprès des jeunes. Résultat :
30 % des effectifs ont moins de 30 ans
aujourd’hui, contre seulement 23 % en
2000. Nous avons aussi revalorisé le
statut de l’apprenti… Et nous avons
cette année 1000 jeunes en formation
initiale sur l’Indre-et-Loire, un nombre
jamais atteint jusqu’alors ! |
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