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Depuis plusieurs années, de
nombreux chefs se sont installés
à Tours et dans ses environs. « L’offre
est très importante, il y a beaucoup de
choses différentes proposées par des
jeunes plein de talent. Ça me renvoie
15 ans en arrière, le jour où j’ai posé
mes valises à Tours » se souvient
Hervé Lussault, chef du restaurant
Charles Barrier, une étoile au Guide
Michelin. Ces nouveaux chefs,
souvent à peine trentenaires, ont
acquis leur savoir-faire dans de
grandes maisons. Pour beaucoup, la
Touraine est leur premier port
d’attache en tant que propriétaires.
Amateurs de bonne chère
Les jeunes chefs ont un point
commun : l’envie de travailler des
produits du terroir sans que leurs
plats ne soient rattrapés par une
quelconque tradition culinaire. « L’avantage de la cuisine tourangelle,
c’est qu’elle n’est pas enfermée dans
des recettes très identifiées. Il y a ici une
diversité formidable de produits, j’y
prends ce qui m’intéresse, et au gré des
saisons je propose une terrine de
campagne, un pied de cochon, des
asperges blanches » explique Hervé
Chardonneau, chef du restaurant le
Casse-Cailloux à Tours, récemment
récompensé d’un Bib Gourmand. Un
point de vue que partage Christophe
Roublin, chef du restaurant Le Bout
du Monde à Berthenay, deux Toques
au Gault et Millau : « Les produits du
terroir tourangeau ont leur existence
propre, pas besoin de les enfermer
dans des carnets de recettes. » Pour ces
deux trentenaires, la région vit aussi
grâce aux bonnes tables. « Les
Tourangeaux sortent beaucoup, bien
plus que je ne l’imaginais en ouvrant
mon premier restaurant Les Linottes
Gourmandes en 2003. Auparavant,
j’avais travaillé à Nantes et je sens une
nette différence en termes de fréquentation
» explique le patron du Casse-Cailloux.
“Je voulais ouvrir un
restaurant de poissons”
Chez Jean Bardet où il fait ses
premières armes, Hervé Chardonneau
rencontre Julien Perrodin qui depuis
a également fait le choix d’ouvrir un
restaurant à Tours. Ce chef de 32 ans
au CV bien garni reprend un établissement
de la rue du Change et y crée
le Barju, il y a un an. Chez Julien
Perrodin et son épouse Barbara,
point de cuisine régionale traditionnelle.
« Après plus de quatre ans passés
chez Olivier Roellinger à Cancale,
j’avais envie d’ouvrir un restaurant de
poissons. C’était un vrai pari pour une
première installation en Touraine, parce
que ce n’est pas vraiment une spécialité
du coin. » Un pari réussi, à en croire
le carnet de réservations du Barju.
Là où le client est roi
La réussite de ces jeunes établissements
prouve qu’une carte peu
marquée par la tradition régionale
est tout à fait capable de séduire.
« Pour autant, il ne faut pas oublier
que c’est le client qui décide dans ce
métier. A mes débuts, j’ai conservé
quelques plats de Charles Barrier.
Seulement après, j’ai véritablement
ajouté mes propres créations, il ne fallait
pas brusquer la clientèle » se souvient
Hervé Lussault. En maintenant sur sa
carte les rillettes et le sandre au beurre
blanc chers au grand Charles, le chef
s’est peu à peu imposé, notamment
grâce à des recettes épurées. Sans
oublier quelques fondamentaux :
« Parmi tous les plats qui figurent sur
notre carte, il y a des incontournables,
locaux ou pas. Depuis mes débuts, je
propose un onglet de boeuf et un
moelleux au chocolat. La carte évolue,
mais ça, ça reste parce qu’on nous le
demandera toujours ! »
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